Le Gouvernement a opté pour la baisse du coefficient énergie primaire/énergie finale (Ep/Ef), une décision vivement contestée par la filière bâtiment et l’association Coénove qui y voient une mesure arbitraire et contreproductive.
Une meilleure valorisation de l’électricité
Lorsqu’un logement consomme de l’électricité, l’énergie réellement utilisée (énergie finale) n’est pas égale à l’énergie nécessaire pour la produire et l’acheminer (énergie primaire). Le coefficient Ep/Ef sert donc à convertir cette consommation en tenant compte des pertes de production et de transport. Jusqu’à présent fixé à 2,3, il surévaluait l’électricité par rapport aux autres énergies comme le gaz ou le fioul. En le ramenant à 1,9 à partir du 1er janvier 2026, le gouvernement veut corriger ce déséquilibre, mieux valoriser une électricité française largement décarbonée et encourager le remplacement des chaudières fossiles par des pompes à chaleur.
Une consultation jugée toutefois illusoire…
La consultation publique de juillet a pourtant révélé une opposition claire : 223 contributions défavorables contre seulement 98 favorables sur 478. Le Conseil supérieur de l’énergie et le Conseil supérieur de la construction s’étaient eux aussi prononcés contre. Les critiques portent notamment sur le caractère artificiel de la réforme, qui ferait sortir près de 850 000 logements du statut de passoires thermiques sans travaux réels, affaiblissant la crédibilité du DPE et retardant les rénovations.
Des impacts redoutés
Décriée par Coénove, cette mesure pourrait, selon lui, fragiliser les plus précaires, qui verront leur logement reclassé sans baisse de facture ni amélioration du confort. Elle alimente aussi une électrification jugée non maîtrisée, avec des risques pour l’approvisionnement électrique en période de pointe, tout en accentuant l’instabilité réglementaire qui freine les chantiers de rénovation.
Par ailleurs, les acteurs dénoncent l’absence d’études d’impact publiées et l’ignorance du rapport de la Cour des comptes pointant les pertes thermiques de la production électrique. Pour eux, sortir artificiellement 850 000 logements du champ de la rénovation revient à brouiller les signaux donnés aux ménages et à fragiliser encore une filière déjà en crise.

